L'ouragan Irma dans la Caraïbe 2018

Les couleurs de la vigilance cyclone

L'ouragan Irma dans la Caraïbe 2018

Le système Vigilance indique par des couleurs les différents niveaux de danger : il permet une information simple et concise des habitants et la gestion en temps réel du risque cyclonique aux Antilles françaises.

Le système Vigilance, qui symbolise par des couleurs les différents niveaux de danger, est la clef de voûte de l’information de Météo-France vers les acteurs de la sécurité et la population. Il permet la gestion en temps réel du risque cyclonique aux Antilles françaises. Le vert étant la couleur de la situation normale, la vigilance au sens propre commence à partir de la couleur jaune. Au-delà, les couleurs changent en fonction de la proximité, de l’intensité du danger et de la probabilité de l’impact.Le système de vigilance météorologique va de pair avec les alertes décidées par la Sécurité civile sous l’autorité du préfet, qui se traduisent actuellement par la décision de mesures collectives, adaptées à chaque situation spécifique.

Niveau jaune – « Soyez attentifs ! »

Le danger est encore imprécis et le cyclone s’annonce à deux voire trois jours et/ou avec un impact et des conséquences limités. Cela laisse le temps pour les préparatifs, les vérifications nécessaires et les réparations de dernière minute. Il est conseillé de différer les sorties et randonnées de plusieurs jours, que ce soit sur terre ou en mer. Sur les terrains de camping, c’est le moment de plier la tente.En cas de cyclone annoncé, les propriétaires de bateaux ont intérêt à se rapprocher de la Direction des affaires maritimes pour se faire indiquer les dispositions spécifiques. Les propriétaires de voiliers et de grosses unités envisagent une mise à l’abri dans les « trous à cyclones » protégés de la forte houle où ils peuvent amarrer leur bateau. Les possesseurs de petites embarcations motorisées vérifient qu’ils sont prêts à les sortir de l’eau pour les amarrer au sol sur leur chariot après avoir baissé leur taud.

Niveau orange – « Préparez-vous ! »/« Restez mobilisés ! »

Signale un danger probable à effets modérés et donc une menace plus sérieuse dans les vingt-quatre à trente-six heures. Ce niveau de vigilance peut ne signaler que la dangerosité de la mer à la côte ou de fortes pluies.En vigilance orange, il convient de rester attentif aux bulletins d’information : entre autres, c’est à ce stade que sont données les consignes sur les horaires de fermeture des lieux de travail et des magasins afin que chacun puisse rentrer chez lui à temps.C’est le moment d’effectuer les derniers achats en vue d’une autonomie de quelques jours (les produits surgelés sont déconseillés, car les coupures d’électricité sont plus que probables), le plein des véhicules, et de vérifier les réserves de carburant pour les groupes électrogènes. Un peu d’argent liquide peut être le bienvenu car, après la crise, il n’est pas rare que les distributeurs automatiques soient momentanément indisponibles.Pour le reste, il s’agit de finaliser la préparation de l’habitation ou de l’abri. Toutes les ouvertures doivent pouvoir être sécurisées et les dispositifs adéquats en état d’être installés : volets anticycloniques, planches de bois à fixer solidement, etc. Il n’est pas inutile de consolider également les larges portails des propriétés, qui offrent souvent une prise au vent importante pour un poids relativement faible.Les objets et les denrées susceptibles d’être touchés par des inondations et des coulées de boue sont mises hors d’atteinte et des protections installées pour limiter l’entrée de l’eau. On sous-estime souvent la puissance de celle-ci.Les marins s’assurent de la sécurité de leurs embarcations et équipements maritimes : il est temps de mettre à terre les bateaux ou de renforcer les mouillages, en prévenant le risque de collision avec d’autres embarcations.Les propriétaires d’animaux s’emploient à protéger leur cheptel.Ce niveau de vigilance s’applique aussi lorsque le danger s’éloigne, après le passage du cyclone. Dans ce cas, la consigne est de rester mobilisé.

Niveau rouge – « Protégez-vous ! »

Correspond à une probabilité importante de passage d’une forte tempête ou d’un ouragan dans les six à dix-huit heures. Chacun rentre chez soi et prend les mesures nécessaires. Si le logement est vulnérable, mieux vaut rejoindre un des abris sûrs mis à disposition par la collectivité. Tout déplacement, à pied ou en véhicule, est désormais à éviter, sauf en cas de force majeure.Une fois les installations aériennes vulnérables (antennes, paraboles, etc.) démontées, tous les objets pouvant se transformer en projectiles rangés et les animaux de compagnie mis à l’abri, toutes les ouvertures sont sécurisées et les issues fermées.

Niveau violet – « Confinez-vous ! »

C’est celui de l’urgence extrême : le danger est imminent et les premiers effets commencent à se faire sentir. Le paroxysme est prévu dans les trois à six heures et ses effets sont potentiellement catastrophiques : confinez-vous, ne sortez sous aucun prétexte ! Il est désormais interdit de circuler, sous peine de sanctions. Des objets commencent à voler de toutes parts, des arbres ou des poteaux peuvent tomber à tout moment, des crues éclair, coulées de boue ou glissements de terrain peuvent se déclencher soudainement. Le mieux est de rester tranquillement dans la pièce la plus sûre de l’habitation, loin des éventuelles projections de verre ou d’objets si les protections venaient à céder.La radio – et/ou la télé, si elle fonctionne – sont le meilleur moyen de rester informé de l’évolution de la situation météorologique et des mesures prises par les autorités. Il vaut mieux éviter d’encombrer inutilement les réseaux de téléphonie et internet.

Niveau gris – « Restez prudents ! »

L’ouragan s’éloigne mais tout danger n’est pas écarté. C’est la phase de reconnaissance des dégâts et de déclenchement des secours. C’est le signal d’un retour progressif à la vie normale, mais il est recommandé de rester prudent : tous les dangers sur le terrain ne sont pas encore forcément identifiés.Les niveaux violet et gris sont spécifiques des Antilles, pour la gestion des ouragans passant sur ou à proximité immédiate des îles, avec un impact fort, et permettent surtout aux autorités de mieux maîtriser la communication et les mesures collectives d’alerte.

Extrait de Cyclones des Antilles, Maryse Audoin/Jean-Noël Degrace, éditions Scitep