Tortues marines de la Caraïbe

De leurs origines à leur cycle de vie, de leur extermination annoncée à leur protection active par les associations et les bénévoles, ce guide raconte l’histoire des tortues marines, pour (ré ?)apprendre à les connaître et participer à leur sauvegarde.

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PRESENTATION

Pour qui a eu la chance de vivre cet instant, la ponte d’une tortue marine est un spectacle unique. Voir soudain apparaître à la surface de la mer cette forme arrondie, qui bientôt sort de l’eau, se traîne sur la plage, s’arrête, souffle, bat le sable de ses grandes nageoires, puis, avec une agilité incroyable, creuse un trou de ses pattes arrière pour y pondre une centaine d’œufs tout ronds, tout blancs, qui tombent au fond du trou, relève aujourd’hui d’une chance inouïe.
Dans les années 1970, à la période de la ponte, c’est par centaines qu’on les comptait sur les plages de l’ouest de la Guyane mais on n’en voyait presque plus sur les plages des Antilles.
En 1977, une équipe de chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle part en Guyane pour faire l’état des lieux des populations locales de tortues marines, et préparer la mise en place de la préservation de ces animaux. Les directions de l’Environnement n’existaient pas encore, elles n’ont vu le jour qu’en 1994. Aux Antilles, au début des années 1990, c’est grâce à l’action concertée d’entités aussi différentes qu’étaient les directions de l’Agriculture, de l’Équipement, des Douanes, des Affaires maritimes, de la Forêt ainsi que des Comités des pêches et de quelques associations que nous devons le départ du travail considérable qui a probablement sauvé ces animaux de leur disparition annoncée.
Les tortues marines semblent revenir peu à peu aux Antilles et, si on peut déplorer que la scène soit encore rare, elles ont bien failli disparaître totalement dans cette région. Aujourd’hui, alors qu’il ne s’agit plus de légiférer, mais d’agir, c’est grâce aux efforts constants des bénévoles souvent réunis au sein de réseaux locaux, des pêcheurs, des membres de clubs de plongée et de jeunes chercheurs passionnés comme Laurent Louis-Jean que ce travail peut se poursuivre. Et grâce à cet ouvrage, à la fois complet, succinct et précis, chacun d’entre nous pourra apprendre à connaître ces animaux exceptionnels et contribuer à les sauvegarder.
Ce n’est que comme cela qu’à la tombée de la nuit, au même endroit qu’au début de notre histoire, mais deux mois plus tard, le sable pourra encore frémir et s’ouvrir… Et que des dizaines de petites tortues pourront surgir, sortir du sable, ramper de toute la vitesse de leurs petites pattes, dévaler la plage, atteindre la mer, nager de toutes leurs forces et disparaître… et peut-être revenir pondre vingt ou trente ans plus tard.
Jean Lescure
Muséum national d’histoire naturelle

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Une famille vaste et ancienne
Venues de la préhistoire
Mystérieuses tortues marines
Adaptées à la vie aquatique
Les tortues de la Caraïbe
Une mangeuse d’éponges : la tortue imbriquée
De la couleur de l’herbe : la tortue verte
La plus voyageuse : la tortue luth
Une « grosse tête » : la tortue caouanne
La plus petite : la tortue olivâtre
La plus discrète : la tortue de Kemp
Une reproduction bien orchestrée
L’accouplement : un ballet aquatique
À la recherche de la couveuse idéale
À l’abri dans le sable
Périlleuses émergences
En route vers un nouveau cycle
Vulnérables et menacées
Longtemps prisées par les gourmets
Le fléau de la surpêche
Toujours fragiles et en danger
Des associations actives et impliquées
La recherche et le suivi
Les soins aux blessées
La sensibilisation
Des progrès réels, bien que timides
La protection est toujours d’actualité
Les mentalités évoluent
Les tortues, témoins de la mémoire collective
Repères