Saint-Martin et Saint-Barthélemy

Saint-Barthélemy et Saint-Martin

Saint-Barthélemy et Saint-Martin les « îles du Nord »

Longtemps rattachées administrativement au département de la Guadeloupe, ces deux îles sont devenues récemment des collectivités territoriales particulières, le 15 juillet 2007. Relativement proches l’une de l’autre, mais isolées à environ 250 kilomètres au nord de la Guadeloupe, elles présentent à la fois des caractéristiques différentes, voire opposées, et certaines ressemblances ou caractères complémentaires.

Géographie des îles du Nord

Toutes deux, baignées par les eaux de l’océan Atlantique à l’est et par les eaux plus chaudes de la mer Caraïbe à l’ouest sont de superficie modeste. elles couvrent à elles deux à peine plus de 115 km2. L’île de Saint-Martin a la grande particularité d’être partagée entre une partie française (54 km2) et une partie hollandaise (34 km2). La superficie de Saint-Barthélemy représente le quart de celle de la partie française de Saint-Martin.
Séparées de 25 kilomètres, elles connaissent les mêmes particularités importantes pour la navigation : des marées de faible amplitude et une houle atlantique, conséquence des vents alizés et des courants qui généralement portent à l’ouest. La morphologie littorale fait alterner côtes rocheuses et sableuses.
Le climat de ces deux îles est tropical maritime. Il y fait toujours chaud – les températures dépassent 25 °C – et c’est la pluviométrie qui marque les saisons. Une saison sèche de décembre à mai succède à une saison humide de juin à novembre, marquée par un pic cyclonique en août et septembre. Les vents alizés déterminent certains caractères du littoral : ainsi l’ouest caraïbe abrité – « sous le vent » – est plutôt sec, tandis que le littoral atlantique « au vent » est plus arrosé.
Sur le plan géologique, ces îles ont un substrat volcanique, avec des formations madréporiques fossiles et certains fonds coralliens. En plus des risques météorologiques elles partagent avec les autres îles de l’arc des Antilles un fort risque sismique du fait de leur localisation en limite de plaques lithosphériques.
Toutes deux ont été confrontées très tôt à des problèmes de gestion de l’eau, étant donné la très nette prédominance de la nuance sèche et la constitution géologique de leur sol, peu propice à la formation de réserves en eau. Ce problème a longtemps été un frein au développement de nombreuses activités, comme l’agriculture ou le tourisme. Depuis le milieu des années 1970, la mise en place de dispositifs de dessalement de l’eau de mer a permis de s’affranchir des importations d’eau.

Saint-Martinois et Saint-Barths

Sur le plan humain, l’île de Saint-Barthélemy est peuplée principalement de descendants de Français métropolitains originaires de l’ouest du pays. Française depuis 1648, l’île a relevé de la souveraineté suédoise de 1784 à 1878 et conserve depuis une franchise fiscale et douanière. On y parle français et (encore un peu) patois. Le créole et l’anglais y sont familiers. La partie française de Saint-Martin compte une forte population d’origine africaine. Elle est française depuis 1639, ayant été partagée avec les Pays-Bas en 1648, mais on y parle volontiers anglais. Elle bénéficie de la franchise fiscale et douanière depuis 1852.
Les deux îles ont eu en commun une population en croissance et longtemps sans perspective d’emploi local suffisant, qui a été la cause d’une émigration vers les autres îles[2].
Vers 1930, la population de Saint-Barthélemy est d’environ 2 000 habitants. Elle passe de 2 079 habitants en 1954 à 3 600 en 1960. Aujourd’hui, elle dépasse 8 000 personnes. En 1930, Saint-Martin compte 3 500 habitants, dont 15 % d’étrangers. En 1954, cette population s’est réduite à 3 300 personnes, du fait de l’émigration. Elle passe de 3 000 à 5 000 entre 1982 et 1990 et augmente fortement par la suite. L’immigration est la cause d’un malaise qui se traduit par les émeutes des 15 février et 17 juin 1986. Actuellement, la population est d’environ 30 000 habitants et la partie hollandaise de l’île (Sint Maarten) en compte 35 000. Il n’y a pas de frontière entre les deux parties de l’île.

Développement économique

Sur le plan économique, Saint-Barthélemy a longtemps vécu d’une agriculture de subsistance, de la pêche, de l’élevage de bœufs et de petits animaux, de l’exploitation des salines, d’un modeste artisanat ainsi que de l’activité commerciale du port de Gustavia et de l’armement maritime. Le régime de franchise douanière et fiscale de ce port, né du traité de rétrocession par la Suède, a longtemps permis la prospérité d’une partie des habitants, l’autre partie étant de revenus modestes. Saint-Martin a connu l’économie de plantation, avec la culture du coton jusque dans les années 1920, l’élevage des bœufs, l’exploitation des salines, en même temps qu’une agriculture de subsistance et un minimum d’activité de pêche. Dans les deux îles, où le dollar américain est roi, le tourisme se développe dans les années 1960-1970, sous des formes différentes. Vers 1960, de prospères touristes des États-Unis jettent leur dévolu sur Saint-Barthélemy et des résidences de haut de gamme y sont construites. Peu de temps après, ce sont les touristes européens qui s’intéressent à Saint-Martin, avant l’avènement d’un tourisme de masse.
Les années 1970 marquent un tournant dans la vie des îles du nord, dont les activités traditionnelles évoluent vers des métiers plus modernes. Les services se développent et les habitants s’intéressent moins aux professions maritimes. La confrontation de différentes conceptions de l’évolution de l’île provoque quelques troubles à Saint-Barthélemy en 1975, suivis de l’élection d’un nouveau maire en 1976. Comme dans beaucoup de territoires des Antilles, l’économie repose désormais sur le secteur tertiaire, fortement lié au tourisme.

Le blason de Saint-Barthélemy est composé d’un champ d’azur chargé d’une fasce de gueules. Dans le chef, on peut voir trois fleurs de lys représentant la souveraineté française, sur la fasce on voit une croix de Malte et dans la pointe, trois couronnes royales en souvenir de l’époque où l’île était possession de la couronne de Suède. Deux pélicans soutiennent le blason. Dans la partie inférieure on peut voir sur une ceinture d’argent, le nom que les Arawaks donnaient à Saint-Barthélemy : Ouanalao.
© Manassas CC-BY-2.5 via Wikimedia Commons

L’emblème officiel de la partie française de l’île Saint-Martin est composé : de feuilles de palmier devant un soleil pour symboliser le climat tropical ; de la représentation d’une côte maritime sous un ciel bleu clair sans nuages ; d’un Pélican symbolisant la faune de l’île ; d’un hibiscus symbolisant sa flore ; d’un navire symbolisant le Tourisme lié au nautisme.
Dans la partie supérieure, dans un rectangle noir, était inscrit (jusqu’en 2007) en lettres jaunes « Ville de Saint-Martin », car Saint-Martin était une commune appartenant à la Guadeloupe, mais depuis 2007 cela a été modifié en « Collectivité de Saint-Martin », suite au changement de statut du territoire.
L’ensemble est représenté dans une forme d’écu moderne, toutefois, il ne s’agit pas d’un blason car il n’est pas aux normes et codes héraldiques.
Cet emblème fut dessiné par un jeune saint-martinois lors d’un concours municipal.
© Collectivité de Saint-Martin